LES TRADITIONS CATALANES

(sources prises sur le site :http://histoireduroussillon.free.fr)

 

 

LA SARDANE

La sardane est un ensemble de danses et de musiques traditionnelles catalanes.

La sardane se danse en cercles, parfois en cercles concentriques (jusqu'à 3 cercles les uns dans les autres). Pour faire une sardane correcte, il faut être assez nombreux, les cercle sont plutôt larges. Elle obéit à des règles de composition musicale très strictes, ce qui imposent aux danseurs d'être extrêmement attentifs. Si vous avez l'occasion de suivre une sardane, observez les bien, vous verrez qu'ils comptent leurs pas !

Traditionnellement les danseurs sont en costume catalan : ils portent la "barretina" (couvre-chef), la "faixe" (ceinture), et les "bigatanes" (espadrilles). La musique est jouée par une "cobla", formation traditionnelle composée essentiellement d'instruments à vent aux noms exotiques : "Tibla", "Flaviol", etc. La aussi les membres des coblas sont vêtus à la catalane.

Des festivals de sardanes sont régulièrement organisées dans tous les pays catalans. De nos jours il s'agit plutôt de festivals à vocation touristiques, mais il est très facile de voir des sardanes beaucoup moins touristiques durant les applecs (fêtes votives) Ces fêtes sont d'ailleurs souvent finie par un repas convivial nommé "Germanor", signifiant "de fraternité".

 

LE FEU DE LA SAINT JEAN

Le feu de la St jean est une tradition typiquement catalane. Il s'agit d'une soirée de fête qui se déroule une fois par an, le 23 juin, le jour du solstice d'été. La flamme du Canigou, symbole de la St Jean en Catalogne, est avant tout un message de fraternité et d'amour.

Déroulement

Tout commence à la nuit tombée. Quelques jours auparavant le sommet du Canigou a été l'objet d'intenses activités : on y amène des fagots de sarments, des ceps, des bûches pour préparer un bûcher. Ce feu est allumé la nuit du 23 juin, et sa lueur est le signal d'allumage des feux du Roussillon : Dans chaque village, un feu identique est embrasé, si bien qu'en peu de temps c'est une myriade de lumières qui brillent un peu partout dans la plaine.

Cette fête est accompagnée du bouquet de la St Jean, un bouquet composé de quatre herbes spécifiques cueillies le matin du 23. La tradition veut que se soit une feuille de noyer, une autre de millepertuis, une troisième d'immortelles et de l'orpins. Ces bouquets sont parfois encore accrochés aux portes des habitations pour attirer la chance et le bonheur dans la maison. Nombreux sont les catalans qui en confectionnent encore, bien que la véritable "recette" soit quelque peu oublié. On retrouve cette tradition durant les soirées de la St Jean avec la vente de petits bouquets simples dotés d'un ruban "sang et or" : c'est le reste de la tradition du bouquet.

Histoire

Cette tradition est relativement récente. Elle a réapparue après la seconde guerre mondiale. Dans les années 50, la population voulu renouer avec cette tradition. Puisqu'on ne pouvait faire de feu en plein centre ville, le feu fut fait à Notre Dame de la Salut, près de Pia. Mais rapidement il y eu trop de monde, alors on multiplia les feux un peu partout, et on prit l'habitude de les faire aux sommets des collines, puis du Canigou.

En 1955, c'est la première fois que le feu est véritablement vu de partout en Roussillon, bien que modestement. En 1956, l'année suivante, les montagnards qui y grimpent sont chargés de petits fagots de 2Kg portant les noms des villages qui y participèrent. En 1957, il y a encore plus de monde qui accepta de monter au sommet, ce qui impliqua que le feu fut plus grand, donc encore mieux vu. En parallèle d'autres personnes eurent la fantastiques idées d'allumer des feux sur les tours à signaux. A partir de 1958, un comité départemental organise l'illumination du département. En 1960, les catalans du Nord reçoivent les premiers fagots de Catalogne du Sud et même des Baléares. Cette année là une messe est dite au sommet.

Ce fantastique travail de fraternité fut initialisé, puis coordonné par François Pujade, président de l'association du feu de la St Jean d'Arles, puis du comité départemental.

La flamme du Canigou

Savez-vous avec quoi on allume le brasier au sommet du Canigou, chaque année ? Non, pas avec un simple briquet, mais avec une lampe dont la flamme est conservée religieusement d'une année sur l'autre ! Elle se trouve dans le Castillet, au rez-de-chaussée, et n'importe qui peut aller la voir !

 

Els Castellers


Les "Castellers", du mot catalan "Castell" (château), sont des édificateurs de tours humaines.

Il s'agit d'une tradition ayant pour origine les "travaux d'Hercule", des danses athlétiques de la fin du Moyen-age qui se pratiquait dans toute l'Europe méridionale. Les premières traces d'une telle activité se trouvent dans le "ball dels Valencians". La première référence aux castellers date de 1713 à travers une danse religieuse évoquant la passion du Christ (à Tarragone). A Valence, ces danses se sont multipliées, puis elles ont été diffusées dans toute la Catalogne Sud. Cette tradition catalane n'a franchi les Pyrénées seulement il y a 20 ans, et de nos jours on peut les voir régulièrement en France.

Le principe consiste à former une tour humaine à partir d'une base, la "pinya", une sorte de mêlée compacte, sur laquelle vont s'ajouter les étages. En général, 6 étapes représentent une bonne tour, 7 voire 8 sont des tours exceptionnelles. On a vu quelques tours à 9 étages, mais c'est vraiment une chose rare. Chaque étage est formé de 3 ou 4 castellers qui se superposent jusqu'à l'agulla (le sommet), traditionnellement tenu par un enfant. ("nin" ou "nina", on l'appelle l'enxaneta). L'ensemble des personnes participant à la tour s'appelle une "colle" (équipe). A chaque tour son style : Une tour de 6 étages formés par 4 castellers est une "quatre de sis" (quatre de six). Une tour de 8 étages formés par 3 castellers est une "tres de vuit", (Trois de huit), etc.

Depuis quelques années les colles sont de plus en plus nombreuses en catalogne Nord. Les deux les plus connus sont les "Castellers du Riberal" (à Baho), et "Els Angelets del Vallespir"

 

LA FÊTE DE L'OURS

Dans le haut-Vallespir, Prats de Mollo et certains villages du coin conservent une tradition typique qui attire de plus en plus de touristes de nos jours. L'idée est de jouer en une journée le passage de plusieurs villageois du statut d'ours au statut d'être humain civilisé. Cette tradition se déroule chaque année au printemps, et les acteurs sont particulièrement attentifs aux jeux à donner aux spectateurs.

Tout commence par l'élection de quatre ours. Quelques jours avant la fête, les jeunes du villages se réunissent dans la salle des fêtes du village pour tirer au sort les quatre personnes qui auront l'honneur de jouer le rôle des ours. La sélection se fait par tirage aléatoire et on imagine évidement la déception des nombreux jeunes qui devront attendre un an de plus avant de retenter leurs chances. L'age pousse bien sûr les moins jeunes vers la sortie, remplacé systématiquement par la jeune génération.

Le jour dit, les quatre ours sont réunis dans un coin du village et "préparés". La tenue est traditionnelle : peau de bête sur le dos simulant la bestialité, bonnet de fourrure et surtout cirage sur toutes les parties du corps à l'air : visage, bras. On les munit d'un long bâton également. A partir de ce moment, ils sont prêts et les quatre ours sont propulsés dans les rues du village accompagné des cris de chasseurs locaux et les tirs de leurs fusils (en l'air, bien sûr !)

Le jeu consiste pour les ours à faire le spectacle parmi la population. Toute la matinée, ils vont au devant des villageois, en particulier des jeunes filles, et les entraîne dans une danse ou le bâton va être passée de l'ours à la personne ciblée. La victime se doit de rentrer dans le jeu en acceptant également de faire le spectacle, la danse se terminant toujours par une embrassade forcée, se qui enduit la victime de cirage... Tout le jeu de la matinée consiste donc à recevoir (ou éviter !) le cirage sur les joues !

Vers la fin de la matinée, après avoir couru dans tout le village, les barbiers entrent en scène. Il s'agit d'une horde de villageois déguisé en blanc des pieds à la tête, armés de bâtons et de haches et qui ont pour but d'isoler les bêtes sur la place du village, les ligoter sur un siège pour pouvoir enfin les raser à l'aide des haches, simulant le passage de la bestialité à l'humanité.

La fête se termine dans l'allégresse autour de danses effrénées ou anciens ours, barbiers, villageois et touristes se mêlent.

 


La Procession de la Sanch

 

Pour les non-initiés, le premier aspect de la procession de la Sanch ressemble plus à une étrange fête folklorique qu'à une cérémonie religieuse, mais très vite le cérémonial prend le dessus et l'on surprend les moins chrétiens se signer au passage de cet étrange défilé de processionnaires cagoulés aux couleurs vives.

La procession de la Sanch se déroule chaque vendredi saint depuis 1461. Elle symbolise la passion du Christ et pour ceux qui n'y voient qu'un simple défilé sachez que chaque processionnaire porte à lui seul entre 30 et 50 kg durant les quelques heures que durent le cérémonial. C'est dire le côté "Passion" qu'ils endurent. Ce poids, c'est celui des "Mistéris", des représentations grandeur nature des scènes de la passion du Christ. Elles sont portées par 4 à 8 hommes dont la tenue est invariablement la même : Robe longue et cagoule en pointe, nommés "Caparutxa", le tout de couleur noire ou rouge éclatant. Les scènes passent ainsi durant plusieurs heures à travers les ruelles étroites des villages de façon à être vu de tous, mêmes des personnes ne pouvant se déplacer.

Au Moyen Age, chaque confrérie organisait sa propre procession dans le village où elle exerçait. C'est ainsi que plusieurs défilés étaient organisés dans chaque village. Peu à peu, les confréries se sont regroupées de façon à n'organiser qu'une seule cérémonie. A l'origine les processions étaient organisées pour conjurer les pestes, guerres et autres malheurs qui s'abattaient sur l'Europe à l'époque. Durant les siècles la procession a été interdite à plusieurs reprises par l'Eglise, mais elle a toujours survécue.

Au début du XXe siècle elle a périclité dans les villages, ne s'organisant plus qu'à Perpignan, et ceux jusqu'à sa disparition totale. En 1950 elle réapparaît, mais fut interdite 20 ans plus tard. Face à la déchristianisation l'Eglise changea d'avis et à l'heure actuelle une procession est organisée à Perpignan, mais aussi à Arles sur Tech, dans un style plus dépouillé, à Collioure, plus touristique, à Gérone, en Espagne, plus spectaculaire.

La tenue du pénitent


La Caperutxa : Il s'agit de la coiffe conique, mais par extension on nomme ainsi toute la tenue. Elle est noire pour le pénitent et rouge pour le regidor. Le régidor symbolise le condamné à mort que les confrères accompagnent charitablement au gibet.
Au XVIIIe siècle on glissait la queue de la caperutxa sous le bras ou sous le cordon de la ceinture. Certains pénitents riches faisaient porter la traine par leurs domestiques !

Le Scapulaire : C'est un objet de dévotion formé de deux morceaux de feutrine bénis réunis par un ruban. Le scapulaire s'attache autour du cou et se porte sous le sac du pénitent. Il symbolise l'appartenance à la confrérie de la Sanch. Ils sont bénis par l'évêque.

La Cordelière : C'est le cordon servant de ceinture. Il permettait autrefois de coincer la traine. Sa couleur distingue la paroisse d'origine du pénitent, le rouge étant pour St Jacques, le blanc pour la Réal, le vert et rouge pour St joseph, le vert pour les Saintes épines de St Matthieu et le bleu et rouge pour St Estève et St Laurent de la Salanque.

Les chaussures sont obligatoirement noires, mais certains pénitent font la procession pieds-nus.

 

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